Interview de Monsieur Ghazi Mejbri au Magazine « Health Business »

29 décembre 2020

Les exportations de services sanitaires : Un enjeu stratégique pour notre pays.

C’est un homme d’affaires et de finances. Entre l’investissement, la formation et l’enseignement   , il entretient une relation de management. A son actif, plusieurs expériences professionnelles allant de l’enseignement supérieur, au tourisme de santé en passant par l’information économique.

 

Fin connaisseur du secteur du tourisme médical et aguerri d’une longue expérience, il a fini par fonder la Chambre Syndicale Nationale des Entreprises d’Accompagnement Sanitaire qui a fait désormais référence dans le secteur.

 

Pour mieux faire connaissance avec ce secteur, Health Business s’est entretenu avec Monsieur Ghazi Mejbri, Président de la Chambre Syndicale Nationale des Entreprises d’Accompagnement Sanitaire.

 

Nous publions dans ce qui suit la teneur de l’entretien.

 

Parlez-nous de vos débuts ?

 

G.M : Mon cursus professionnel a démarré dans l’enseignement supérieur et précisément à l’Institut Supérieur de Gestion et puis j’ai créé en partenariat  quelques amis un bureau d’études et de conseils. Après, j’ai mis sur pieds « Les éditions Clé »,   une maison d’édition spécialisée dans la littérature d’entreprises.

J’ai eu également une expérience en matière d’information économique à travers les revues spécialisées « L’Expert » et « Tunisie Export ».

Et à partir de 2007, les plans d’action ont changé pour atterrir sur le secteur du tourisme de santé qui a commencé à susciter progressivement de l’intérêt en Tunisie et partout dans le monde.

 

Le positionnement de cette activité a alors pris de l’importance en Tunisie en comparaison avec d’autres pays sur la même lignée et à partir de là, j’ai estimé qu’il fallait mettre à contribution ma modeste expérience dans l’édification de l’image de la Tunisie. Une démarche qui n’a pas manqué de nous permettre de conquérir de nouveaux marchés et de tisser des réseaux avec des dizaines de pays d’Afrique et d’autres régions du monde et en même temps d’offrir nos conseils pour créer et développer des entreprises de santé en Tunisie et à l’étranger .

 

Comment est née l’idée de la création de la CSN des entreprises d’accompagnement sanitaire, et quels sont ses objectifs ?

 

G.M : La Tunisie a été pionnière dans la professionnalisation de l’accompagnement sanitaire à partir de l’année 2005 ou ce métier commençait à s’exercer un peu partout dans le monde et à se confirmer comme un vecteur de développement du secteur de la santé. Il a fallu dès lors amorcer l’organisation de cette activité pour la mettre à niveau avec ses similaires dans les pays développés étrangers, la promouvoir et lui trouver les systèmes de financements appropriés.

 

Il faudrait souligner  que cette activité a souffert pour un bon moment de la marginalisation et de l’intrusion qui ont défavorablement affecté son image et porté préjudice à ses professionnels.  Il était alors de notre devoir de valoriser cette profession en la défendant, en prenant en charge sa promotion et en lui construisant l’image qui lui sied ainsi qu’à celle de la Tunisie. L’alternative de création d’une association professionnelle s’est alors tout naturellement imposée.

 

Deux niveaux de mobiles ont prévalu à cet effet.

 

Sur le plan institutionnel, la création de la CSN des Entreprises d’Accompagnement Sanitaire participe du rapprochement et de la mise en relations entre les patients, les entreprises de soins, les médecins, les compagnies d’assurance, les transporteurs et tous les intervenants dans le processus de soins dans un esprit de partenariat et de confiance avec au bout de la chaine l’impératif d’optimisation de la prise en charge des patients, et la garantie de leur sécurité et de leur confort.

 

Sur le plan juridique, la Chambre Syndicale Nationale a œuvré pour la mise en place d’une plateforme législative pour combler le vide juridique régissant cette activité. Sous l’égide du Ministère de la Santé, un travail est en cours de finalisation  et verrait probablement le jour dans les toutes prochaines semaines.

 

Il porterait sur un projet de cahier de charges auquel ont pris part à son élaboration l’ensemble des intervenants soucieux de l’organisation de cette activité sur des bases solides.

 

Quelle est votre appréciation du projet de l’Agence de Promotion des investissements et des exportations des services de santé qui serait créée bientôt ?

Il faudra d’abord souligner que le secteur de la santé en Tunisie est réparti sur huit circuits d’exportation dont les médicaments, l’expertise des médecins,  du corps para médical et des formateurs, l’attraction de patients et d’étudiants. Ce qui représente à mon humble avis un enjeu stratégique pour la Tunisie. C’est ce qui a d’ailleurs motivé la création de cette agence dans une perspective d’exportation de l’ensemble de ces produits et de ces prestations.

 

C’est un pas  à la fois important et prometteur dans la mesure où selon certaines estimations, les exportations du secteur de la santé pourraient équivaloir celles des secteurs des phosphates, de pétrole et de tourisme réunies. Sa contribution au PNB serait manifestement remarquable.

 

Comment vous envisagez le développement du secteur du tourisme médical en Tunisie ? Et quels seraient les voies et moyens de sa promotion ?

 

G.M : Quatre facteurs sont malheureusement absents du paysage du tourisme médical en Tunisie. L’Etat dans son rôle de régulateur, un environnement propice à l’action et à l’investissement, l’organisation du secteur et l’audace.

 

La Tunisie a été pendant quelque temps au Top 10 des pays de tourisme médical. Elle est actuellement au 39 Emme rang au classement mondial en raison notamment d’un relâchement au niveau de la prise de conscience de cette activité et de son apport dans le développement économique en tant que moteur de la santé publique.

C’est à ce titre que les investissements d’amélioration des infrastructures et de modernisation des équipements sont nécessaires.

 

Il nous faut d’ailleurs impérativement et sans perdre de temps travailler pour remettre la Tunisie dans le sillage qu’elle mérite à ce niveau et ce par l’amélioration de l’environnement, le développement des investissements et de services de santé, sans oublier la qualité de l’accompagnement à travers l’instauration des valeurs d’éthique.

 

Il faudra aussi combler le retard en termes de certification et de conformité aux normes. Nos concurrents ont dépassé la norme ISO 9000 pour adopter de nouvelles normes plus exigeantes en matière de mangement de la qualité.

 

L’Agence de Promotion des Investissements et des Exportations de Services de la Santé aura fortement à contribuer dans cette perspective de mise à niveau du secteur et de sa promotion à l’international.

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